Voilà quelques jours que j’avais bloqué la date d’hier soir, pour regarder le programme proposé par France 2, à savoir, une reconstitution du procès Seznec. Cela devait prendre la forme d’une espèce de pièce de théâtre, jouée en direct. A l’issue, un vote des spectateurs et téléspectateurs était proposé. Guillaume Seznec, coupable ou innocent, telle était la question posée.
Je trouvais cette idée assez originale, en fait. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Il fallait tout de même « résumer » un procès de plusieurs jours sur un format d’un peu plus d’une heure. Mais j’avais confiance, puisqu’un certain Robert Hossein était à la baguette.
Me voilà donc sur mon canapé, confortablement installé. Et là, très vite… je me suis lassé. Déçu. Les personnages étaient tellement « sur joués », les traits amplifiés que je n’arrivais plus à regarder, écouter le fond du dossier. Ainsi, les « méchants » étaient vraiment très méchants, et le gentil, vraiment très gentil. Les magistrats avaient déjà condamné l’accusé, les témoins amenés par l’accusation ainsi que les policiers étaient menteurs, et les témoins amenés par la défense étaient des fous. Je veux bien croire que certains aspects aient été réels, qu’il ai pu y avoir un doute sur l’enquête de police, visiblement menée uniquement à charge, ou encore qu’un témoin ai pu avoir un profil qui n’était pas des plus crédibles, mais bon, quand-même ! Bref, il m’était impossible de me faire une idée et, à vrai dire, je n’en avais plus envie. De sorte, à la fin, aucune surprise de voir que, et le public, et les téléspectateurs, avaient voté à près de 95% en faveur de l’innocence de Guillaume Seznec.  Un vote qui ressemblait étrangement à une élection soviétique !
Mais, après réflexion, il ne pouvait, en fait, en être autrement. Tous ceux qui ont regardé ce programme avaient déjà entendu parler de cette affaire, par médias interposés.
Finalement, la seule chose qui s’est trouvée réaliste aura été l’intervention, en fin de programme, de Maitre Paul Lombard. A lui de rappeler à tout un chacun, amenés un jour, à être juré d’assise, que le doute doit profiter à la défense, lorsqu’il n’y a aucune preuve directe des faits. Et c’était visiblement le cas.
C’était un pari d’autant plus difficile qu’il me parait, encore une fois, avec du recul, risqué, que de transposer une affaire s’étant déroulée au début d’un XXème siècle, presque 90 ans plus tard. Tellement de choses on changées… Bref, une grosse déception. Je m’étais dit qu’on pouvait avoir, enfin, une éspèce de télé-réalité qui soit, à minima, intelligente, qui fasse réfléchir. Mais c’est raté.
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