Comme tous les ans, les fonctionnaires sont notés par leur hiérarchie. Hier, j’étais donc convié, par ma chef de service, à me rendre dans son bureau, afin de prendre connaissance de cette note et de l’appréciation faite par ma  hiérarchie. Rien à redire, ni sur la note, et encore moins sur l’appréciation portée ; je ne peux en être que satisfait. Pour autant, j’en ai profité pour dialoguer un peu avec mon chef de service, sur deux pionts me paraissant « épineux ».
Tout d’abord, ma chef de service s’est de suite déclarée être consciente des griefs que je lui portais directement quant à mon échec au concours (voir …) .
Or, ce n’est pas directement elle que je met en cause, ou en tous les cas, je ne lui crois surtout pas comme ayant eu la volonté de me nuire ou de me savoner la planche. Et je me dois d’être honnete, puisqu’elle m’a donné des conseils que je pense être avisés.
C’est un autre point, sur lequel je m’appuie. Tout d’abord, pour ce qui pourrait la concerner, la seule incompréhension qui est la mienne serait la « non consultation » de mes superieurs directs. Pour rappel, dans le cadre de ce concours, le chef de service rempli une grille d’évalution sur les capacités du postulant, et ce dans tous les domaines. En ce cas, la grille a été remplie, mais mon chef de service ne me connaissait que très peu, pour m’avoir tout juste croisé au détour d’un couloir (quand bien même il peut avoir accès à mon dossier professionnel). J’estime donc qu’il ne peut être que bénéfique que de s’entretenir avec la hiérarchie directe du fonctionnaire qui prétend à un grade supérieur. Cette hierarchie, en l’occurrence un chef de groupe, cotoie au quotidien les « gars » du groupe. Il est donc plus à même d’évaluer le fonctionnaire.
Mais, ce que je comprend encore moins,  c’est que l’on puisse avoir un CV qui n’apparait pas comme suffisament bon, en étant dans un service de Police judiciaire tel que celui où je suis affecté, la BRB. Que je puisse échouer à un écrit, je le conçois, et en serais seul résponsable. C’est la même chose pour un oral, ou, comme l’année passée, je n’ai pas suffisament travaillé, et je n’ai donc qu’à m’en prendre à moi-même. Mais je ne suis absolument pas sur que le point faible de ma carrière, de ma personnalité, ce soit mon CV. En tous les cas, je ne comprend pas que cela puisse être le cas. Et c’est là que mon opition diverge avec mon chef de service. Certes, à un emploi qui sera principalement du commandement de personnels en tenus, on ne recherche peut-être pas « plus que ca » des gens qui ont un parcours en « judiciaire ». Peut-être. Mais alors, tout naturellement, je compare ce qui est mon CV avec ceux qui ont été reçu à cette «phase » de concours. Et, pour connaitre certaines personnes, très sincèrement, et sans prétention aucune (j’insiste vraiment), je ne pense pas avoir un moins bon CV que certains autres ; je n’ai rien à leur envier quand au déroulement de la carrière.
J’ai ensuite évoqué un second point d’anicroche. On l’aura compris, sur l’un de mes billets, je parle du manque de retour que l’on peut avoir de la part de notre hiérarchie, principalement d’un point de vue pécuniaire.
A cela, mon chef de service me fait tout comprendre que l’administration n’a pas non plus des tiroirs « sans fond », et surtout en ce moment. C’est vrai, et je le comprend. On ne travaille pas que pour l’argent, certes. Mais il est quand-même gratifiant de constater que votre hiérarchie a pris en compte le travail fourni  et que, de fait, vous ayez un « retour sur investissement ». Et mon chef de service de me dire que, tout de même, des messages ont été passé pour dire tout  le bien, et toute la satisfaction qu’est la sienne quand à la réussite d’une telle affaire. Et d’ajouter – et c’est vrai – que ce n’est pas non plus tous les jours qu’un ministre vient féliciter les enquêteurs à l’issue d’une belle réussite.
Je le répète, c’est vrai. Il est un fait,  nous, enquêteurs avons été touchés, tant par la visite du ministre, que par l’attitude de la hiérarchie (du chef de service jusqu’au ministre).  Mais tout cela ne fait que satisfaire l’égo de chacun. Nous avions déjà notre satisfation personnelle, et là, on vient satisfaire notre égo. Quoi de plus humain. Et je le répète, nous aurions, il est vrai, hurlé, si tel n’avait pas été le cas.
Mais, à un moment, il y autre chose que les paroles. Il y a des actes. Nous aimerions pouvoir traduire ces remerciements en quelque chose de concret. J’aimerais pouvoir dire à mes enfants « tu vois, je travaille, je ne suis pas souvent là, mais voilà ; grâce à mon travail, j’ai obtenu – ca ». Il faut  en revenir, selon moi, à la notion même du travail : on travaille pour vivre et non l’inverse. Et même si, en tant que fonctionnaire , on se doit d’être imprégné, habité, de la notion de « service public », même si ce travail en devient une passion, il n’en reste pas moins, toujours, un travail. Et tout travail mérite récompense. Il me semble aussi, pour suivre un peu l’actualité, que nous sommes dans une période ou le mot d’ordre est « travailler plus pour gagner plus ».
Moi, je dis « BANCO ».
A moins que cette notion soit réservée aux travailleurs  du secteur privé, et que, dans le public, on doive se contenter de la traditionnelle sécurité d’emploi (qui, entre nous, est de moins en moins acquise).
Shares
Share This