Ce sont, aujourd’hui, deux « faits divers » qui me font réagir.
Tout d’abord, je découvre l’affaire dite « Krombach », du nom de ce ressortissant allemand condamné pour avoir, au milieu des années 80, violé puis tué la jeune Kalinka Bamberski, alors sa belle-fille. La justice allemande aurait classé l’affaire sans suite, avant que la justice française ne s’en mêle. C’est ainsi que la Cour d’Assise de Paris a condamné l’homme, par contumace, en 1995. S’agissant d’un allemand, ce dernier a trouvé dans la diplomatie de son pays un allié de choix puisque ayant toujours refusé de l’extrader en France. Ainsi, toutes les tentatives françaises ont été vouées à l’échec. Mais c’était sans compter la volonté du père de la jeune fille, André Bamberski. Ce dernier n’a eu de cesse de tout tenter pour faire plier cette diplomatie allemande, que la justice française soit en ordre de marche pour récupérer le condamné. Mais en vain.
C’est ainsi que Dieter Krombach a été retrouvé, ligoté, à Mulhouse, après y avoir été emmené sous la contrainte, depuis l’Allemagne. Un de ses ravisseurs aurait même été interpellé en Allemagne Mardi dernier. Dans la foulée, André Bamberski n’a pas nié le fait d’être le commanditaire de cet « enlèvement » ; j’avoue avoir du mal avec le terme, tellement cela me parait injuste (moralement, en tous les cas).
Ainsi donc, le père qui se sera fait justice lui-même ne devrait pas échapper à la mise en examen des chefs d’enlèvement-séquestration. Bamberski a justifié son acte par le fait que la peine à laquelle a été condamné Krombach arrivait à prescription en 2015; au delà de cette date, il aurait été libre d’aller et venir, même en France.
Que penser de cette affaire ? Peut-on imaginer que cet homme aurait fait cela s’il n’avait eu à pallier les carences de la justice européenne ?
Au-delà de cela, nous nous trouvons également sur le terrain de la diplomatie… surtout  de ses limites. Au nom d’intérêts généraux, relatifs, très certainement, à  la fameuse « entente franco-allemande », personne n’a jamais obtenu que l’homme soit présenté devant la justice française. Personne ne s’est jamais mouillé (en tous les cas, suffisamment) pour que la justice ai le dernier mot. Et, je l’ai dit, cette affaire, je la découvre ; mais je suis persuadé que des histoires comme ca, les tiroirs de la chancellerie en en sont pleins. Et très certainement dans les deux sens ; tant des étrangers condamnés en France que de français condamnés à l’étranger.
Comment peut-on encore, à l’heure de l’Europe, à l’heure où l’on met même en commun les ADN, en arriver à ces décisions de justice qui ne sont pas appliquées ? Comment peut-on encore laisser l’exécutif peser sur des décisions judiciaires ? Où en est la séparation des pouvoirs ?
Nous nous trouvons en face, de mon avis personnel, d’un homme qui a su faire preuve du plus grand courage. En espérant qu’il se sente au moins soulagé. Mais il est allé au bout de ses idées. Etil ne s’est pas vengé ; il aurait pu, très certainement, torturer l’homme, lui soutirer des aveux, voir même l’exécuter. Mais non, il l’a remis à la justice… Ca fait réfléchir.
Pour autant, si la justice ne faisait rien vis à vis de Bamberski, ce serait encourager de tels actes qui pourraient se multiplier et mal tourner, pour tous les acteurs; et cela non plus, on ne peut se le permettre. 
Autre bémol : que la justice ne juge pas que l’interpellation de KROMBACH illégale ; ce qui, à mon sens, n’est pas impossible.
Le second fait divers qui m’interpelle aujourd’hui s’est déroulé à Juvignac, dans l’Hérault, lundi soir. Un homme entre alors au domicile d’un particulier. Se trouve au domicile un couple, ainsi que leur fils de 13 ans. L’intrus exhibe une arme de poing et exige du couple, qu’il lui donne de l’argent. Le résidant affirme alors qu’il n’a pas d’argent au domicile, et qu’il n’a, à donner, que des bijoux. Le voleur extirpe alors une bouteille pleine d’essence de son sac, et asperge le résident, ses trois victimes. Il menace d’allumer un briquet puis demande alors au propriétaire de ligoter sa femme ; celle-ci ne se laisse pas faire, et prend un coup de crosse derrière la tête. C’est là que tout s’emballe. Le mari ne supporte pas cette violence, et se jette sur l’intrus ; il finira par l’étrangler.
Au final, le mari a vraisemblablement été placé en garde à vue, avant d’être mis en examen des faits d’homicide volontaire. Très rapidement, le procureur avance la thèse de la légitime défense. Grand bien lui fasse.
Voilà deux faits qui se sont déroulés en des lieux et même des époques différentes, mais elles mettent en avant les problèmes que peuvent avoir des hommes qui, au départ, n’avaient rien demandé à personne ; l’un a agi pour sa survie et celle des siens,  et l’autre pour que justice soit faite, mais aussi pour sa famille !
Deux faits divers qui, espérons-le, finiront au mieux, pour chaque intéressé.
Mais il me parait triste de constater que tous deux ont été placés en garde à vue alors qu’ils sont avant tout victimes. A aucun moment, ces deux hommes n’étaient voués à enfreindre la loi.  Ils l’ont fait par « nécessité », quoi qu’on en pense, et quoi qu’on en dise. Et là, pendant cette garde à vue, de par cette décision, ils sont traités comme les délinquants « d’habitude » qui eux, ont choisi de l’être.
Shares
Share This