Rappel des faits: en Décembre 2008, le bijoutier « Harry Winston » se fait braquer par quatre hommes, déguisés en femme, qui font main basse sur 85 millions de dollar de bijoux. Le « casse du siècle », et probablement l’un des tout plus gros braquages de tous les temps dans le monde (allez, disons dans le « top » 3).  
C’était une énième perquisition, menée dans un pavillon de la banlieue parisienne. Elle est le fruit d’environ 30 mois d’enquête, une année et demi après les premières interpellations. En Juin 2009, les perquisitions avaient amené à la découverte de près de 60% du butin. Une autre grosse partie a été découverte, cette fois-ci. La fois précedente, il avait fallu jouer les « plaquistes »; cette fois-ci, c’était du gros oeuvre, les égoutiers…. Parmi les bijoux retrouvés (une vingtaine), l’un est estimé à 6 millions d’euro, avec ses 31 carats. J’ai envie de dire, comme ca, éffrontément, que cette bague n’est même pas « belle », au sens esthétique du terme; elle n’a aucun raffinement, plus grosse que la largeur d’un doigt. Mais je vois déjà certaines femmes prêtes à me jeter des oranges à la figure. Bien évidemment que tout le monde aimerait avoir cette bague; ou plutôt la valeur qu’elle représente. Dire que le bijou ayant le moins de valeur est éstimé, tout de même, à environ soixante dix mille dollars ! Ce genre d’affaire nous fait perdre les repères relatifs à la valeur de l’argent. Hallucinant, autant de valeur dans un seul petit objet; rien à voir avec un tableau inestimable! Nous ne sommes pas dans la même recherche !
D’une manière générale, l’avantage, avec de telles « affaires », c’est que le temps nous est laissé, pour travailler. Et sereinement. Souvent (pas toujours, malheureusement), le travail paye. Présentement, c’est le cas.
En plus de la satisfaction claire de résoudre une affaire, il faut avouer qu’il en est une autre, qui m’est toute personelle: celle de se dire qu’un voyou ne va pas « tranquillement » purger sa peine, avec la satisfaction intérieure, la sérénité, même,  de se dire qu’il aura, en sortant, un petit magot, mis de coté, et qu’il pourra « se refaire ». Après tout, quelques années de prison sacrifiées pour 14 millions cachés (même si ces bijoux auraient probablement été revendu à un prix bien inférieur à celui du marché).
 C’est, pour moi, déjà, une forme de justice, une des motivations (s’il en faut) qui m’animait. Ne dit-on pas « bien mal acquis ne profite jamais »? Ce sera le cas. Et pourtant, ces gens, présumés auteurs (j’avais pas envie de le mettre, ce mot, mais bon) n’auront pas besoin d’aller aux restos du coeur, en sortant de prison. C’est une autre réalité; à mon sens (et cela n’engage que moi) des petits ont été mis de coté (c’est mon sentiment, et rien d’autre).
Voilà; j’ai là, pour cette affaire, le sentiment du travail bien fait. Je suis, de mon coté, fier d’avoir pu participer à cette affaire, fier de faire partie du groupe qui l’a traitée et réussie, fier d’avoir passé plusieurs centaines d’heures sur ce dossier. Et j’ai la conscience de ne probablement plus jamais faire une aussi « belle », en tous les cas par le montant de son préjudice. Certes, d’autres arriveront probablement, et tout aussi probablement, me rendront fier, pour d’autres raisons.
Maintenant, d’ici quelques mois, la justice fera son travail. Cette équipe sera jugée pour l’ensemble de son oeuvre. Esperons-le, jugée comme il se doit.
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