Comme toutes les administrations, la Police est au coeur de la RGPP.
Cette  Révision Générale des Politiques Publiques a été lancée en juillet 2007. 
Je cite là le site internet consacrée à la RGPP
Les travaux de la RGPP s’organisent autour de 6 grands axes de modernisation :
  • Améliorer les services pour les citoyens et les entreprises
  • Moderniser et simplifier l’Etat dans son organisation et ses processus
  • Adapter les missions de l’Etat aux défis du XXIe siècle
  • Valoriser le travail et le parcours des agents
  • Responsabiliser par la culture du résultat
  • Rétablir l’équilibre des comptes publics et garantir le bon usage de chaque euro
L’objectif est affiché, la fonction publique doit mieux fonctionner, avec moins de moyens. Et je ne fais pas là un jeu de mots; j’imagine que cela parait tout à fait normal, aux yeux des citoyens qui payent leurs impots. Faut-il encore que ces économies aillent dans le bon sens. Et c’est vrai, des économies, on peut en faire; c’est certain. 
Ainsi, chaque ministère se voit donner une feuille de route. Et, bien évidement, le Ministère de l’Interieur n’est pas épargné. ( voir la RGPP au Ministère de l’Interieur)
Parmi les premières mesures, on devine la création de ce que sont devenues les Unités Territoriales de Quartier. Ou, comment faire machine arrière. Lorsque je suis entré dans la police, il y a une dizaine d’années, on a appelé ces service « Police de Proximité »; on les a supprimé, ; en effet, tout un déploiement avait été imaginer, pour rapprocher le policier du citoyen, et pour reprendre du terrain dans les quartiers. Cela n’a pas fonctionné. Pour cause, ces services n’ont jamais eu les moyens prévus à l’époque, pour se développer; du coup, le résultat n’a pas été à la hauteur des attentes. Maintenant on créer les UTQ (prononcer « utèq). On a juste changé le nom, le rôle est le même. A ce jour, le développement des UTQ est « gelé », en l’attente des premiers chiffres, des premiers résultats. 
Autre grand axe de la RGPP: la suppression des « tâches indues ». En effet,tous les jours,  beaucoup de policiers sont employés à des tâches qui n’ont rien à voir avec le concours qu’ils ont réussi. Sont visés, là, les  tâches administratives (où le policier peut être remplacé par un administratif), des transferts de détenus (qui revient plus au Ministère de la Justice, ou encore la protection de personnalités (tâche qui pourrait être reversée au secteur privé).
Mais j’irai encore plus loin. La police compte, dans ses rangs, des mécaniciens auto, des serruriers… eux aussi, pourraient retourner à leur métier d’origine. –
Autre paragraphe important de la RGPP, la -presque- « fusion » entre Police et Gendarmerie. Effectivement, la communauté européenne ne conçoit pas deux forces, civiles et militaires, chargées de la sécurité intérieure. De fait, la fusion est dans l’air du temps depuis longtemps, et on la voit, petit à petit arriver à nos portes. Si bien que, depuis quelques semaines, la Gendarmerie fait partie intégrante du Ministère de l’Interieur; les gendarmes conservant, à ce jour, leur statut militaire. Mais, autant dire que ce rapprochement n’est pas chose simple, puisqu’il s’agit d’harmoniser les deux « forces » en présence; que ce soit dans les personnels ou dans les missions; beaucoup de choses divergent encore au niveau des personnels employés; les grilles de salaire, les horaires, les avantages sociaux … et, forcément, chaque corps essaye de tirer son épingle du jeu. 
Concrètement, il s’agit bien évidemment de mutualisation des moyens, dont il est question; ce qui n’est pas, en cela, un mauvaise idée, bien au contraire. Dans le terme « mutualisation des moyens », à terme, on verra se rapprocher les gendarmes mobiles et les Compagnies Républicaines de Sécurité. Elles vont commencer à travailler ensemble, et la suite… nous verrons bien. On parle aussi de rapprochement des fichiers de police et de gendarmerie (ce qui, entre nous soit dit, est énormissime, puisque cela fait des années que cela devrait être mis en place).
Et c’est là qu’arrive une révolution. On voit l’arrivée de l’internet dans la procédure pénale. Il est quand-même question de « pré-plainte » informatisée, « en ligne »; là,  c’est une révolution. J’attend de voir comment pourront être traitées de telles procédures. Mais ne pourrait-on pas aller encore plus lion, et parler de toute une procédure qui pourrait être informatisée. A ce jour, une procédure judiciaire est tirée en, au moins, 5 exemplaires; deux sont déstinés à la justice, et les trois autres aux archives (régionales, de service, et parfois de groupe). Ne pourrait-on pas imaginer la procédure informatisée qui serait numérisée, et « envoyée » aux magistrats?; peut-être accompagnée d’un seul exemplaire papier, et un second pour les archives. Deux avantages: des économies, et de l’écologie. 

Coté effectifs, ce n’est pas pleinement dit dans le texte, mais la RGPP prévoit donc plus de 8000 suppréssions d’emploi de sécurité, entre la Gendarmerie Nationale et la Police Nationale.
Comme partout, cette réduction est assez mal vécue, puisque l’impression générale est que ces économies sont, à ce jour, réalisées là où, au contraire, il y aurait besoin de plus de moyens. 
Des exemples concrets:
– on parle de supprimer toutes les imprimantes d’un service, et mettre un photocopieur en réseau, par étage. Imaginez bien que, par jour, on peut parfois tirer une cinquantaine de documents; que ce soient des procès-verbaux  d’enquête, ou encore des recherches sur les fichiers, etc… c’est une énormité, en deux points au moins: imaginons une panne de cette imprimante (ce qui n’est pas rare); devrons-nous aller bientôt chercher nos écrits dans les batiments voisins? Ensuite,  c’est une perte de temps. Et cela va générer des petits souci; tel procès-verbal qui aura été pris par inadvertance par un autre collègue; ou encore le PV qui n’aura pas été imprimé; il faudra donc retourner dans le bureau pour relancer l’impression… bref, énorme perte de temps, et surtout, d’efficacité. 
– au sein de la direction PJ àParis, plusieurs véhicules ne seront pas remplacés. Donc, il va falloir faire aussi bien (voir mieux), avec moins de moyens. 
Bref, pour le moment, ce sont les moyens opérationnels qui diminuent alors que, à l’inverse, ils devraient être augmentés.
Et, à aucun moment, les policiers n’ont été consulté. Alors que nous avons tous une idée de ce qui pourrait être économiser au quotidien.
à suivre…
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