Au jour d’aujourd’hui, à travers les yeux du peuple, on devine que la police est devenue la vitrine du pouvoir en place. Et, de fait, tout ce qui est bon à déboulonner ce pouvoir doit être fait. L’heure est à l’anti-Sarkozy ; dans la mesure où notre Président a été Ministre de l’Intérieur, et que son programme était axé, à bien des égards, sur la sécurité, nous voilà sur le devant de la scène. Sans avoir rien demandé à personne. La politique est donc un magasin, et, avant de s’attaquer à la boutique, on se tape la vitrine.
Schématiquement, cette vitrine, on peut tout à fait imaginer que ce sont les policiers qui la composent. Lorsqu’on la protège, elle reste unie, solide. Mais dès que l’on se met à la frapper, à force de petits coups, une fissure apparait, jusqu’à ce que, à la fin, elle se brise.
Et c’est bien ce qui est en train de se passer avec notre institution. J’ai beau chercher, partout, je ne vois que des collègues qui sont, pour la plupart, écœurés, désabusés. Pris entre le marteau et l’enclume. Le marteau, c’est le pouvoir, la hiérarchie ; capable de frapper, de faire mal, toujours prompte à sanctionner, et très peu à remercier. Ce marteau qui, jour après jour, pressurise les policiers, à force de chiffres, de résultat… et l’enclume, c’est la presse, qui manipule l’opinion publique. De plus en plus désireuse de vouloir jouer ce rôle de contre-pouvoir que certains lui prêtent depuis longtemps.
Au milieu, donc, nous, les policiers ; mais comment agir ? que faire ? de nos jours, on demande à la police  de régler tous les maux de la terre, et nous, policiers faisons de notre mieux pour agir ; pour protéger la  population. Celle-là même  qui, elle aussi, est prompte à jeter sa police en pâture à la moindre ombre qui apparait au tableau.
L’institution n’est-elle devenue qu’un fusible sociétal susceptible de sauter au moindre soubresaut du marteau ou de l’enclume ?
En tout état de cause, c’est l’impression de beaucoup. Malheureusement. Il  faut se l’avouer ; les policiers se sentent abandonnés de tous. De plus en plus mal aimés, de plus en plus isolés.
C’est le blues, dans la police !
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