Ca y est… c’est la guerre… en tous les cas, à Marseille, et selon madame la sénatrice Samia Ghali, qui demande donc l’intervention de l’armée! Une nouvelle opération « com » pour un sénateur, tellement ils ne savent comment se rendre utiles. Il ne peut en être autrement puisque, cette élue ne doit pas être sans savoir que pour faire intervenir l’armée en matière de sécurité, il faudrait que soit décrété l’état de siège. Est-ce le cas? Non, nous en sommes loin!
Voilà donc la cité phocéenne portée, semaine après semaine, en une de tous nos quotidiens et hebdomadaires!
On a, à chaque fois, l’impression que c’est nouveau. Pourtant, il y a tout juste quelques mois, Nicolas Sarkozy nommait Alain Gardère, Préfet des Bouches du Rhône, son prédécesseur n’ayant fait, lui-même, qu’une année à ce poste, pour, selon le ministre de l’époque, « redresser la situation ».
Et voilà que l’on commence à sortir, dans les presse, des « noms »; quand bien-même, le porte-parole du Gouvernement  Najat Belkacem, et le Ministre de l’Intérieur lui-même démentent!
On laisse fuiter des noms pour tester les réactions… question d’habitude.
A croire que le seul qui puisse régler le « problème » soit le Préfet! C’est lui qui fait les enquêtes, lui qui va, à 6 heures, interpeller les suspects… bref, c’est le Préfet qu’on change!
Lorsque nos politiques comprendront que ce n’est pas en changeant les hommes, d’une année sur l’autre, que l’on avance… et que, bien au contraire, celui qui est enraciné, qui connait la région, connait les différents partenaires, aura une bien meilleure gestion des évènements. Alors, déjà, ça ira mieux.

le canon d’une kalachnikov

Mais pourtant, aussi bon soit-il, un Préfet, ne peut, à lui tout seul, endiguer un problème. D’ailleurs, j’ajoute que, à Marseille, le problème n’est pas nouveau. Même si l’on fait semblant de découvrir le phénomène.
Dans les années 80, déjà, les règlements de compte étaient légion! Et pour les mêmes raisons qu’aujourd’hui: le contrôle des territoires. Seul le produit change; à l’époque, c’étaient les stupes, les machines à sous et la prostitution… il semblerait que maintenant, cela soit plus porté sur les stups.

Les hommes, également, ont changé; A l’époque, il s’agissait de « vieux » voyous, qui se partageaient le terrain. Désormais, ce sont les caids des cités. Mais le problème est le même. On tue pour l’argent et pour faire peur.

Cela signifie quoi? Eh bien, tout simplement que la police ne dispose pas de plus de moyens qu’il y a vingt ans. Et que l’Etat est incapable de régler le problème.
Alain Gardère, lui-même, nous dit qu’il n’y a pas besoin de plus de policiers. Ça tombe bien, on ne saurait pas où les enlever! La réponse doit bien arranger le Gouvernement.
Bien. Pas besoin de plus de policiers. Que faut-il, alors?
Certes, les règlements de compte sont aussi nombreux qu’il y a vingt ans. Pourtant, quelque chose a tout de même changé. En même temps que les caïds contrôlent les cités, les habitants ne s’y sentent plus en sécurité. Alors même qu’ils sont chez eux. Et cela, ce n’était pas le cas, me semble-t-il, il y a 20/30 ans. Quelque chose a donc bien changé, et la situation s’est aggravée.
Qui a la solution? Vraisemblablement, personne!
Il n’y en a, je pense, qu’une seule. Plus de moyens! Des policiers, que ce soient des enquêteurs ou encore des intervenants en tenue, mais pas seulement. Toute la chaîne doit être complétée. Cela va des personnels sociaux, aux magistrats; en passant par les gardiens de prison, agents de probation, etc… Mais cela, personne ne pourra l’envisager. Il n’y a plus de sous. Alors on va prendre 10 policiers à droite, et les mettre à gauche. 1 magistrat en plus; deux agents de probation…. bref, on va faire un peu de vent, histoire de dire qu’on ne fait pas « rien ». Et, une fois que tout cela ne sera plus médiatisé, le jeu des mutations fera que, dans une année, on sera à nouveau au même stade. Des policiers seront partis en retraite et non remplacés, un magistrat aura été muté, et son cabinet ne sera pas repris…. et on reviendra à la case départ.
Depuis bien des années, maintenant, les Gouvernants ne font qu’une seule chose, céder à la médiatisation. Tout ce qui n’est plus médiatisé n’est plus traité. Bref, avant de soigner le mal, on soigne l’opinion.
Et c’est comme cela que, année après année, les extrémistes font leur nid. Ils n’ont qu’à attendre que les gouvernants actuels ne fassent rien. Et, plus le temps passe, plus les électeurs se disent « pourquoi pas ».
Mais cela, nos politiques, tant accrochés à leurs sièges, à leurs mandats (volontairement, j’y met un S), ne l’ont toujours pas compris. Ou peut-être est-ce pire. Ils ont compris. Mais ils sont tellement bien, qu’ils n’arrivent pas à décrocher. Une sorte de drogue, en quelque sorte. Ce sont, finalement, les premiers à entretenir ces climats, à leur niveau. Par leur passivité.
Lorsque eux donneront l’exemple, et qu’ils commenceront par être de vrais représentants du peuple, alors, peut-être, pourront-ils être plus efficace pour lutter contre la criminalité.

Mais ce temps-là, je ne suis pas sur de le connaitre un jour!

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