SANG D'ENCRE AU 36

« Il aimait avant tout les écrivains qui respectaient le fonctionnement de l’institution policière, et surtout pas ceux qui, à travers leurs personnages, se faisaient les anges gardiens du bien et de la morale. Car dans la police, il y avait de tout sauf des Zorro. On y entrait avec de grandes intentions certes, mais quelques mois suffisaient pour vous ramener sur le chemin de la dure réalité ».

Ce sont là quelques mots du polar écrit par Hervé Jourdain, « Sang d’entre au 36 » que je viens de lire, en quelques jours.
Cela faisait quelques temps que je n’avais pas lu un roman policier, qui plus est « à la française ». Dès le début de l’intrigue, le policier que je suis a pu ressentir le monde dans lequel il évolue. Tout est là; les groupes de PJ, leur fonctionnement, leurs humeurs, leurs fatigues, leurs doutes, et même le vocabulaire typiquement policier que je retrouve… tout ce que je peux cotoyer au cours des enquêtes auxquelles je prend part. Ce livre est très proche de ce que l’on peut vivre, et, de fait, de ce que j’essaie de faire ressentir à travers ce blog. Il est d’autant plus fidèle que j’ai eu l’occasion d’évoluer dans un groupe criminel; groupe qui, d’ailleurs, est évoqué dans ce livre.
Hervé Jourdain nous emmène au coeur du 36 quai des Orfèvres, au sein même de la Brigade Criminelle de Paris. Et il demeure fidèle, tout au long du livre, au service qui l’emploie. Il en parcourt les archives, mêlant le mythique Georges Simenon aux dossiers qui ont effectivement été traité par la « Crim », et à son histoire, dans une affaire qui ne faiblie pas en intensité au fur et à mesure que se tournent les pages.
Commencez à lire, et vous ne vous arrêterez plus jusqu’à la dernière ligne.
Parisien de naissance, vendéen de coeur, Hervé Jourdain est policier depuis l’âge de vingt ans. Gardien de la Paix en banlieue parisienne, puis officier au sein de la policie judiciaire, à la brigade des mineurs de Paris puis à la brigade criminelle, il est également passionné de course à pied. Il se lance dans l’écriture de romans policiers en 2005, encouragé par la lecture deMoloch de Thierry Jonquet.
Finaliste du prix du quai des Orfèvres 2009 avec un premier polar intitulé Le confesseur des âmes (non publié), Sang d’encre au 36 est son premier roman, récompensé par le prix des lecteurs du polar VSD 2009.
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