Voilà le meurtre de Marie-Christine Hodeau qui défraye l’actualité. Un drame qui, malheureusement, en rappelle d’autres. Le citoyen se trouve donc en droit de se demander ce que le législateur a fait depuis. Très régulièrement,la population se trouve sous le choc, à la suite d’un tel drame.
Ainsi, se pose désormais la question de la récidive. Tout du moins, dans le cas présent, en matière criminelle.
Dans l’expression médiatique, la toile offre désormais un autre mode d’information, d’expression, les blogs; ainsi, Philippe Bilger, qui exerce la fonction d’avocat général auprès la Cour d’Assise de Paris, a été l’un des premiers juriste à revenir sur le sujet. Avant tout, bien évidemment, il a souligné, à raison, l’inutilité du déferlement des peoplo-politique. Celui qui fait que l’on va sur le devant de la scène, montrer que l’on est choqué, où l’on fait des propositions, à tort et à travers (oui, souvent les deux à la fois, même; solutions dont ils savent eux-mêmes, qu’elles ne seront jamais votées; c’est, en fait, le sujet où le Ministre de la Justice va s’opposer au Ministre de l’Intérieur. Et autant dire que si ces deux personnes inversaient leur portefeuille, elles tiendraient le discours de la maison où elles se trouvent. Donc, sur le fond, c’est creux.
Pour en revenir à Mr Bilger, au travers de son article, il fait la proposition qui consiste à ce que les peines criminelles prononcées contre les auteurs d’homicide soient effectuées dans leur totalité. Bien que cela me paraisse une bonne chose, on ne peut penser que cette seule mesure suffira à éviter la récidive. A mon sens, il faut déjà élargir le champ d’action aux viols, puisqu’ils constituent, bien souvent, un acte préalable au meurtre. Et là, il faut alors distinguer deux notions:
– les acts criminels commis par une personne contre une personne de son entourage, ayant pour « mobile » un différend personnel; c’est à dire, par exemple, une dispute qui tourne mal, dans le couple ou le voisinage (l’homme qui tue sa femme ou son voisin)
– les actes criminels commis par la personne que je qualifie de « prédateur »; c’est à dire que l’acte va viser une personne qu’il ne connaît pas ou peu au préalable; la victime sera plutôt choisie de par les circonstances du moment.
En allant plus loin, je distingue également l’acte involontaire dont il n’est pas, à mon sens, question ici, et qui ne doit donc pas entrer dans le débat.
Et c’est, à mon sens, la seconde catégorie qui est la plus préoccupante, bien qu’elle soit la moins fréquente. Pourquoi?Je ne dispose d’aucune statistique, mais je pense que le meurtre ou le viol commis sur une personne de son entourage sont des faits isolés, qui n’ont pas vocation à être répètes. Dans ce cas-là, c’est la combinaison de plusieurs facteurs qui a poussé l’auteur à passer à l’acte. Pour le meurtre, c’est l’énervement, l’agacement, combiné à une situation personnelle de « detresse » psychologique .
Revenons-en, donc à notre prédateur. Lui est vraisemblablement « malade »; que les médecins et/ou la justice le désignent comme tel ou non. Le prédateur; celui qui va chasser sa proie, comme c’est le cas de la jeune femme de Milly la Forêt. Il la voit courir, toue seule, donc dans une position fragilisée, et profite donc de l’instant; qu’il l’ai surveillée au préalable ou non. C’est de cette catégorie de personne dont il faut se soucier. Ceux-là auront, à mon sens, une tendance à la récidive. Eux, effectivement devront se voir appliquer un régime particulier. Avant tout, à mon sens, ils devraient, une fois condamnés, être enfermés ensemble; dans un espace qui leur est réservé, où l’on pourra combiner les mesures médicales à la peine pénale. Et c’est là que le législateur doit intervenir. Que faire pendant cette détention? Où en sont les recherches sur la psychologie de ces individus? Peuvent-ils être soignés de manière certaine? De gré ou de force? Pour quel suivi en fin de peine? Quelles obligations? Tout cela combiné au fichage des délinquants sexuels qui se fait déjà (FIJAIS) et qui pourrait être étendu aux meurtriers (bien que, effectivement, les meurtriers « prédateurs » sont souvent violeurs).
Voilà donc un régime sur lequel il faut réfléchir. Et vite; avant qu’une autre personne en fasse les frais, quand bien même, le risque zéro n’existera jamais, il faut bien en être conscient. La mesure la plus urgente et la plus facile à appliquer, à mon sens, reste celle proposée par Monsieur Bilger; que ces individus fassent l’intégralité de leur peine. Cela laissera au moins le temps aux politiques de se pencher sérieusement sur le problème, une fois passé l’émotionnel, le médiatique.
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