humanité
En moins d’une semaine, la société française se trouve confrontée à deux actualités « douloureuses ». Et ce, à double détente, si je puis dire.
Il y a quelques jours, une grand-mère, âgée de 94 ans, se fait expulser d’une maison de retraite, alors que, semble-t-il, sa famille n’a pas payé l’établissement depuis plusieurs mois. Au total, ce ne sont pas moins de 40.000€ qui ont manqué d’être réglés.
Aujourd’hui, c’est une petite fille qui est ramenée chez elle par la Police municipale, alors que les parents  ont, semble-t-il, cessé de payer la cantine.
Ces deux affaires, distinctes, ont émues les français, et ont été largement été reprises par la presse.
Pourquoi à double détente ?
Il y a là, un double problème. Le premier, humain, est celui de se voir en quelque sorte mis à la porte, pour une histoire d’argent. Et, pour le coup, il s’agit, à deux reprises, et c’est le plus grave, de personnes dites vulnérables ; un enfant, et une personne âgée. Toutes deux n’ayant aucun lien direct avec, non seulement la décision d’éviction, mais surtout, avec le problème initial du non-paiement.
Il s’agit là d’un problème d’humanité.
Et pourtant, demeure le problème initial.
Prenons les choses dans l’ordre inverse.
Un établissement, ici une cantine et une maison de retraite, proposent des prestations, lesquelles n’ont pas été payées. Le principe même de toute entreprise (même si l’une d’elle est publique), est de se voir payé la prestation qu’elle a réalisée. Si ce n’est pas le cas, que doit-elle faire ?
Pour autant, il est une évidence ; dans les deux cas, il s’est agi de maladresse. Il existe, c’est certain, des solutions juridiques ; surtout dans le premier cas, où cela fait plus d’une année que les impayés demeurent. Dans le cas de la cantine, y a-t-il eu assez de discussions entre la mairie et les parents ? Ces derniers ont-ils tout simplement voulu aller « jusqu’au bout » ; on ne le sait pas trop ! Toujours est-il que faire ramener une enfant de 5 ans à la maison par la police (même municipale) est très maladroit ! Et même infamant. Un enfant ne devrait jamais avoir à être dans ce genre de situation ! Tout comme expulser une grand-mère d’une maison de retraite, en la ramenant à une adresse qui n’a, de plus, pas été vérifiée, puisque avérée comme étant ancienne.
Au final, ce sont deux graves erreurs, qui ont été commises.
Encore une occasion de rappeler que, dans le cas de litiges, il existe, à tous points de vue, des solutions juridiques. Même si la justice peut paraître lente (puisque surchargée), elle ne doit pas moins rester la solution ultime. Surtout, rappelons-le, lorsqu’il s’agit de personnes vulnérables, comme le sont les enfants, les personnes âgées, ou même handicapées.
Voilà ce que l’on récolte, à faire des raccourcis, en ayant une gestion quelque peu « légère » des conflits. A chaque fois, la « une » de la presse qui se trouve être, au mieux, une très mauvaise publicité pour chacun des établissements. Avec, par la suite, des répercussions qui sont loin, finalement, bien plus importantes que le problème initial.
Une leçon à retenir, pour certains.
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