C’est en ce 13 Juillet 2012 que j’ai quitté mon service.
S’il était connu de la plupart de ceux qui passent par ces pages, je ne l’avais jamais cité.
Il s’agit donc de la Brigade de Répression du Banditisme, de Paris. La BRB.

J’y aurai donc passé six années
Rétrospectivement, si, lorsque j’ai intégré l’école de police, en 1996, on m’avait dit que j’y traînerais mes guêtres… je n’aurai pu éviter de sourire. Je pense souvent à ces années travaillées dans une brigade de nuit, où j’ai vu arriver ces policiers de la BRB, qui débarquaient à la suite d’un règlement de compte, en banlieue.  Nous étions comme des gamins, avec les grands flics du 36 qui arrivaient. Tout juste osions-nous leur adresser la parole…
Il aura fallu du travail, pour y arriver, du temps, et, nécessairement, une part de chance, une opportunité. Que j’ai saisi, à l’époque, sans même savoir ce que j’allais faire…

Au cours de ces six années, j’ai eu la chance de travailler avec de très grands flics. Selon moi, pour certains, parmi les meilleurs de la profession. C’était un honneur, que d’être à leurs cotés. Et, comme il n’y a pas de grands flics sans grande affaire, il m’a été donné l’occasion de participer à quelques-une d’entre elles. Et pas des moindres.
La plus belle d’entre elle: le vol à main armée commis au préjudice de la bijouterie Harry Winston, à Paris, le 4 décembre 2008. 85 millions de dollars, pour le butin. Dans cette affaire, sans rentrer sur le fond du dossier, il nous a été permis d’user de nombre de techniques de police, permises par le Code de Procédure Pénale. Autant dire, que j’ai donc appris énormément. Mais les belles affaires sont celles qui réussissent. Une trentaine de personnes avaient été arrêtées, quelques mois après les faits. mais, surtout, nous avons pu retrouver une grande partie du butin, en bijoux, et plusieurs centaines de milliers d’euro. Bref: les voleurs interpelés, les magot retrouvé… juste génial.
Et cette affaire reste un beau souvenir également, parce que c’était difficile. Nous ne comptions pas les heures passées au bureau, en extérieurs, la nuit, les week-end… six mois intenses.

D’autres dossiers ont été marquants:
– l’interpellation d’auteurs de casses de bijouteries, qui creusaient dans les murs pour commettre leur forfait
– l’interpellation de braqueurs serbes faisant partie de la « pieuvre » qu’on appelle « Pink Panthers »
– l’interpellation d’un homme soupçonné d’être l’auteur du meurtre d’un bijoutier parisien…

bref, les affaires ne manquent pas; je ne cite que celles qui me viennent immédiatement à l’esprit.

Mais il est une certitude. Le policier, seul, n’est rien. C’est un travail d’équipe. Et c’est la complémentarité des hommes qui fait qu’on arrive à un résultat. Nous sommes tous un maillon d’une chaîne. Et si chacun joue sa partition, nous sommes forts. Très forts. C’est le cas dans le service que je quitte.

Mais voilà. Je suis de ceux qui pensent que, pour se remettre en question, et ne pas s’asseoir sur ses certitudes, il faut bouger. Se remettre en question. Si on reste trop longtemps dans un poste, à force, on en arrive à en faire un peu moins, vivre sur ses acquis et le passé. Et je n’aime pas cela.
Donc, je change d’air. Je vais apprendre autre chose, compléter mes savoirs tout en faisant profiter les autres de ce que je sais faire. Bref, être un autre maillon, dans une autre chaîne.

Et, plus qu’une aventure professionnelle, je vais en profiter pour tenter l’aventure familiale.

Bref, qui vivra verra.

Mais une chose est certaine: PJ un jour… PJ toujours…

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