Lundi matin, 09h00 : une nouvelle semaine commence. Les dossiers s’accumulent, tout doucement ; j’ai l’habitude de dire que l’on peut considérer tout cela comme la pluie à Gravelotte ; bref, ca tombe ! Je me répète, mais c’est tout bonnement la saison. On a beau le savoir, ce n’est pas évident à gérer. On ajoute à cela de vieux dossiers qui ne sont pas encore « sortis », et d’autres qui sont sortis, mais pour lesquels il y a encore quelques heures de travail en prévision ; des vérifications à faire, au regard de certaines déclarations faites au magistrat instructeur. Bref, le travail ne manque pas. Une surveillance en soirée, rien de bien méchant, mais c’est retour maison à 21h00. Cette semaine, nous sommes « de nuit » ; c’est-à-dire que c’est notre équipe qui est chargée de s’occuper des saisines éventuelles qui pourraient survenir en pleine nuit. A vrai dire, en une année, j’en ai fait quelques unes, et je n’ai pas été appelé une fois. Non pas que je n’ai jamais eu à travailler de nuit (ca, j’ai pu l’expérimenter), mais jamais sur une « saisine » ; c’est-à-dire jamais appelé pour une nouvelle affaire la nuit. Donc, peut d’inquiétude ; nous serons de nuit toute la semaine.
Mardi, 05h30 : mon téléphone sonne ; zut ! C’est la voix du chef ; qu’est-ce qui se passe ! Une affaire ; je prend note ; l’adresse, rapide résumé des faits. Ok ; c’est parti. Le temps de prendre une douche pour réaliser. Je commence à réfléchir à ce qu’il va falloir faire sur place. Déjà, il faut du matos ; on n’a peut-être pas tout. Je repasse donc par le service, et me charge de prendre ce qu’il faut. Coup de fil de mon chef ; nouveau détour ; je passe prendre le patron de permanence. Je jette un œil au plan, je ne connais pas le quartier. Allez, c’est parti. Ensuite, nouveau coup d’œil sur le plan pour aller sur les lieux des faits. Un peu avant sept heures, nous arrivons sur place. Comme par hasard, c’est le jour où il fait le plus froid depuis le début de l’automne. Je répète « comme par hasard ». C’est toujours comme ca. C’est toujours lorsque les conditions climatiques sont mauvaises qu’on a un truc à faire en extérieur. Mais c’est ainsi. Sur place, résumé par l’OPJ local ; je prend des notes. Le service de sécurité, ok. Mon chef arrive juste derrière moi. Il me charge des témoins. Ok, c’est parti. On cherche. On fait le tour. Retour au service, il est 14 heures. Je n’ai même pas encore mangé ; tout juste ai-je avalé un truc, à la « va-vite » ce matin, en partant. Ca commence à creuser. On se décide, avec le groupe, d’aller casser la croûte, avant de poursuivre. Il faut maintenant noircir le papier de tout ce qui a été fait. Ca ne prend pas bien longtemps, mais il faut le faire quand-même. Ce n’est pas là une affaire que l’on va garder ; donc, on commence le job pour qu’un autre groupe, plus spécifique, continue l’enquête. Donc, les actes à faire à partir de cet après-midi sont à leur charge. Pour nous, ca y est, c’est fini. Pour autant, la journée va continuer jusqu’à 19h ; il y a du boulot, pas question de partir avant et de laisser les copains. Allez, il est 19h30, je quitte le bureau. J’arrive à la maison, il est 20h30. Les enfants sont déjà couché.
Mercredi : en général, je n’ai pas trop de difficultés à me lever tôt. Cela ne me pose que peu de problèmes ; par contre, le coup de bambou, c’est souvent le lendemain. Là, au réveil, je suis dans le gaze. Allez, sous la douche, un bisou aux enfants, un rapide petit-déj, et c’est reparti. Journée bien chargée ; on continue les dossiers en cours. Quelques demandes à droite à gauche, qu’il faut exploiter. Des vérifications à faire. 16h00, je pars avec mon chef, on a rendez-vous chez le juge pour « une ouverture d’info ». Comprendre qu’il s’agit donc d’une enquête ouverte au service. A l’issue des délais de flagrance, par le biais d’une synthèse faite au magistrat du parquet, nous lui faisons part de notre volonté, avec son accord, de poursuivre notre enquête sur commission rogatoire d’un juge d’instruction. Il donne donc son accord, en procédant à une ouverture d’information. Cela a pour effet de désigner un juge d’instruction (c’est fait par le doyen, sur un système de permanence) qui sera chargé de l’enquête. Bref, cela, nous l’avons fait la semaine dernière. Le juge est maintenant désigné, j’accompagne mes deux chefs. La discussion se prolonge un peu chez le juge ; on en profite pour aborder l’un ou l’autre dossier déjà en cours. De près ou de loin, c’est selon. Eh oui, il ne faut pas oublier les vieux dossiers.
18h30 ; retour au service ; tout juste le temps de jeter un œil sur mes mails. Une nouvelle surveillance, au final assez courte. Et je rentre chez moi, il est 21h00
Jeudi : cette journée commence un peu comme la veille.  Je peux me mettre sur le dossier toute la journée ; impeccable. Il y a pas mal de choses à faire. On part manger à la cantine à 13h00. Et là, le téléphone de mon chef se met à sonner. Un braquage vient de se produire ; c’est la permance de midi qui nous informe, au cas où. Eh oui, j’avais oublié ; lorsqu’on fait la nuit, on fait aussi la pause de midi. 13h30, retour au service pour un rapide café ; ca sent mauvais. 13h40, le coup de fil fatidique. Le chef de service nous informe que le parquet vient de nous saisir officiellement. Et c’est parti. Me revoilà avec mon sac. Arrivée sur place, prise de contacts, résumé des faits, les témoins… Cette fois, je suis chargé de procéder aux constatations. C’est-à-dire que je me dois de figer la « scène » sur le papier, de sorte à ce que celui qui va lire le procès-verbal puisse s’imaginer au mieux la scène de ce qui s’est passé. Je repars, il est dix huit heures passé. Une fois de plus, il faut tout faire, tout écrire. Sait-on jamais ce que pourrait apporter la nuit. Mieux vaut ne pas être pris par surprise, et voir les tâches s’accumuler. Ce soir-là, je rentrerais à 22h30, à peu près.
Vendredi : 09h00 au bureau ; le sens de l’humour de mon chef dirait « exceptionnellement, ca pourra être 09h05, que cela ne se reproduise pas ». mais ce jour-là est un peu particulier pour nous. Un repas est prévu, ce midi. Finalement, avec le travail de tout le monde, à droite, à gauche, il commencera à 15h. peu importe. C’est un moment de convivialité nécessaire dans ce genre de groupe. Nécessaire, mais également, de mon point de vue, fort agréable. Ce soir-là, nous finirons un peu tard, après avoir bien mangé, et bien discuté.
Heureusement, c’est le week-end. Heureusement, il n’y a rien de prévu, si ce n’est la fête de Noël du boulot à ma femme. Donc, un truc sympa pour les enfants. Super, c’est sur, ils seront contents.
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